La côte 1037

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Le Bataillon Français (BN/FR) a combattu au sein du 23° Régiment d’infanterie US, unité de la 2° DI/US appartenant au X° CA/US. Il formait le 4° bataillon de ce Régiment modulaire de 3000 fantassins, constitué en ‘RCT’ (Regimental Combat Team).

Cadre général des combats

Après avoir brisé l’offensive chinoise d’hiver par des actions comme celle de Chipyong-ni, le commandement américain lance à partir du 22 février une contre-offensive généralisée.
La situation tactique est cependant différente, l’adversaire chinois se repliant en laissant des "résistances dépassées" soigneusement accrochées à des compartiments de terrain pivots de sa manœuvre de repli.
Ce sont essentiellement les unités nord-coréennes qui assurent cette mission de "freinage" de l’offensive alliée, à partir de toutes les hauteurs commandant les axes montant vers le Nord.
Après les durs combats de Twin-tunnels et Chipyong-ni, le 23° RCT Bataillon Français est d’abord mis au repos à Wonju puis à Chechon le 1° mars.
A partir du 24 février, la 2° DI/US entame sa progression vers le Nord (axe Chechon-Hoengsong-Hongchon).
A l’Est (ligne de crête très marquée Chiaksan-Obongsan-côte 1126), cette progression est cependant sous la menace permanente de fortes "résistances dépassées" qui agissent sur les arrières. Plusieurs tentatives pour faire sauter le verrou installé sur les hauteurs du Suribong et de Obongsan ont échoué, le bataillon hollandais, après plusieurs assauts meurtriers et infructueux, est relevé, le 1/23 est engagé sans plus de succés.
Le commandement américain décide alors de lancer le bataillon français à l’assaut de la côte 1037, une hauteur au nord de 1126, où sont installés en "défense ferme" deux bataillons d’élèves officiers nord-coréens.

Terrain

C’est une ligne de crête rocheuse très étroite (passage 1 par 1), en lame de couteau, que l’on atteint après une progression de 3 km pour une dénivelée de 400 m depuis le col et le tunnel de Munjae (Munchi).
A partir de 1126, la côte 1037 se trouve à 900 m au nord, à vue directe, mais pour l’atteindre, il faut franchir un col en contrebas et donner l’assaut en montant.

Les phases des combats

Le commandement du BF/FR installe une base de feu renforcée sur 1126, l’assaut est lancé le 05 mars à 8h 30. Il progressera très difficilement, le bataillon se trouvant à un moment totalement fixé en plein découvert, tous moyens engagés et coupé de son repli.
Un groupe de voltigeurs, passant par la falaise à l’Est, trouve cependant un accès dans le dos des positions nord-coréennes, une action qui sauve le Bataillon de l’anéantissement. Ayant pris pied sur 1037, le BF/FR, très éprouvé subira plusieurs assauts et matraquages d’artillerie extrêmement meurtriers. Plusieurs assauts seront repoussés à la baïonnette et seul un appui aérien en fin d’après-midi permettra d’alléger une pression devenue intenable.

Par une température inférieure à moins 20, sans équipements ni nourriture (il avait fallu s’alléger au maximum pour l’assaut), le Bataillon attendra sur position, au milieu de ses blessés et de ses morts, une relève qui arrive avec la nuit.
Commence alors le retour vers la vallée, 3 km au sud, avec les morts et blessés. Le bataillon, qui débuta les combats avec un effectif de 414, aura eu 31 tués et 104 blessés pour prendre et tenir 1037.
Les survivants gardent gravés le cauchemar du retour avec les camarades morts et blessés, un calvaire qui rappelle l’épisode des "calcaires de Coc-xa" en Indochine.

Dernière modification : 24/05/2016

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