L’audiovisuel public français s’exporte bien : N° 15, avril 2012

L’audiovisuel public français s’exporte bien

Audiovisuel public français

Radio France international, France 24, Monte-Carlo Doualiya, dopées par les révolutions arabes et collant aux préoccupations des populations, ont considérablement accru leur audience. TV5 Monde et Arte complètent la palette d’un audiovisuel français dont Canal France International promeut les savoir-faire.

Les médias français à vocation internationale ont la cote. En 2011, France 24, Radio France Internationale (RFI) et Monte-Carlo Doualiya ont rassemblé plus de 90 millions de téléspectateurs et auditeurs, contre 45 millions en 2008. France 24 est regardée chaque semaine par 43,5 millions de téléspectateurs, quatre fois plus qu’il y a trois ans.

Le regroupement, en 2008, de ces médias au sein du Groupe audiovisuel extérieur de la France (AEF), fusionné en une entreprise unique début 2012, a donné lieu à l’élaboration d’une stratégie globale : « Il y avait un besoin de coordination, d’harmonisation pour davantage d’efficacité et de compétitivité », explique Frank Melloul, directeur de la Stratégie, de la Recherche et du Développement international d’AEF.

Au Proche-Orient a ainsi émergé un pôle d’information en langue arabe, né de la fusion entre Monte-Carlo Doualiya et le service arabophone de France 24. Monte-Carlo Doualiya touche chaque semaine 7,8 millions d’auditeurs. Sur cette région du monde, France 24, depuis son passage en octobre 2010 à 24 heures d’antenne quotidienne, a triplé son audience au Maghreb, devenant la première chaîne française de télévision en Algérie, au Maroc, et en Tunisie où elle est aujourd’hui la quatrième chaîne, juste après Al Jazeera et devant Al Arabiya. Et l’on vient d’apprendre qu’elle est regardée par 25 % des Libyens !

France 24 et RFI sont leaders en Afrique francophone, toutes chaînes d’information internationales confondues. En Afrique non francophone, RFI est également très écoutée avec près de 8 millions d’auditeurs chaque semaine.

Le positionnement résolu en faveur du multimédia est aussi un facteur de dynamisme. En 2011, près de 200 millions de visites ont été enregistrées sur les sites Internet de France 24 et de RFI. Les médias de l’AEF fédèrent 1,5 million de fans sur Facebook, plus de 500 000 abonnés sur Twitter au travers d’une variété de pages multilingues. Le multilinguisme est un autre atout, qui s’est révélé majeur lors du Printemps arabe. « Notre mission est la francophonie bien sûr, mais aussi la francophilie », fait valoir Frank Melloul. France 24 est diffusée 24 heures sur 24 en français, anglais et arabe dans 183 millions de foyers à travers le monde et RFI diffuse en 13 langues.

TV5 Monde, la première chaîne mondiale en français, est engagée à 100 % dans la promotion de la francophonie. Les responsables de la chaîne ont même développé des outils pédagogiques pour apprendre et enseigner le français, et proposent des programmes sous-titrés en douze langues et en français. Détenue à 49 % par l’AEF, basée à Paris, TV5 Monde associe la Suisse, la Belgique, le Canada, le Québec et touche chaque semaine 54 millions de téléspectateurs. Elle peut, 24 heures sur 24, être reçue par plus de 220 millions de foyers dans 200 pays, ce qui en fait le second réseau mondial de télévision, derrière MTV et devant CNN. Chaîne généraliste, elle met néanmoins l’accent sur l’information (18 rendez-vous par jour consacrés à l’actualité internationale) et les magazines originaux comme L’Œil de la rédaction.

TV5 Monde se décline sur Internet, téléphonie mobile, en WebTV, en VàD, télévision de rattrapage, sur TV connectée… Le « media global » TV5 Monde compte 8 millions de connexions chaque mois.

Ces médias permettent d’apporter le point de vue français qui se caractérise, selon Frank Melloul, par la diversité des programmes : « Nous ne sommes pas la voix de la France, mais la voix des valeurs de la France ». L’approche multiculturelle est privilégiée et les grilles ont été retravaillées afin de correspondre aux attentes du public qui plébiscite, notamment, des émissions comme Reporters ou Les observateurs de France 24.

Le panorama ne serait pas complet sans Arte, la chaîne franco-allemande généraliste qui a pour vocation de rapprocher les peuples européens, mais diffuse aussi en Afrique ses programmes à caractère culturel et international.

Les compétences reconnues de l’audiovisuel français sont quotidiennement partagées avec les professionnels des pays du Sud, via Canal France International (CFI), filiale du groupe France Télévisions et opérateur de l’aide au développement en faveur des médias du ministère des Affaires étrangères et européennes qui intervient, chaque année, dans 90 pays et a mené, en 2011, plus de 1700 journées d’expertise en 160 missions. Pas de recettes toutes prêtes ni catalogue de formation, mais des interventions à la demande, adaptées avec souplesse aux réalités du terrain par des experts issus de France Télévisions, l’AEF, TV5Monde, Arte France, Canal +, BFM… Laurent Allary, conseiller auprès du directeur général de CFI, cite un exemple d’actualité : « Nous conseillons trois télés du Maghreb qui, pour la couverture des Jeux Olympiques de Londres, vont avec l’aide d’experts arabophones construire un dispositif en fonction de leurs objectifs, de leurs moyens et de leurs contraintes de travail ».

Qu’il s’agisse de l’organisation d’une chaîne, d’un service ou d’une grille, de la présentation d’un journal télé, de la création d’un centre de formation, de la recherche de ressources propres, du lancement de nouveaux programmes ou de la couverture d’élections, CFI accompagne aussi bien les acteurs de la communication audiovisuelle institutionnelle que les organismes privés indépendants. Elle guide aussi les « nouveaux journalistes citoyens », les blogueurs des réseaux sociaux, afin qu’ils puissent, le cas échéant, transformer leur activisme circonstanciel en une activité de témoignage, de débat ou de journalisme indépendant. Cette année, CFI mobilise un financement exceptionnel de 300 000 euros pour soutenir cinq projets de formation de l’UNESCO emblématiques dans le domaine des médias. Les cinq pays bénéficiaires de ces formations sont la Birmanie, les Territoires palestiniens, la Côte d’Ivoire, la Libye et le Liberia.

La spécialité de CFI : la formation des cadres avec la perspective « qu’ils deviennent de futurs experts, tel ce directeur de télévision africain qui a partagé son expérience avec ses homologues asiatiques », souligne Laurent Allary.

Signalons enfin que d’autres institutions participent au dynamisme de l’audiovisuel public à l’étranger : Radio France et l’Institut National de l’Audiovisuel, ainsi que de nombreuses sociétés qui travaillent souvent de concert avec l’Etat, telles que Canal Overseas, Euronews et le groupe Lagardère.

Sylvie Thomas

Sites Internet :

www.tv5.org
www.rfi.fr
www.france24.com
www.arte.fr
www.cfi.fr

Dernière modification : 23/04/2012

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