Historique

JPEG " Sur la planète Terre, y a-t-il seulement encore une Corée ?...Ici et là, à l’emplacement d’une ville, plus rien qu’une pancarte disant le nom qu’elle avait, comme une inscription sur une tombe ".

Robert Guillain. Orient extrème. Correspondant de guerre en Corée
Le 25 juin 1950, 7 divisions nord-coréennes franchissent le 38ème parallèle, appuyées par 150 chars. Moins de 60 jours plus tard, la force d’invasion qui n’avait rencontré qu’une faible résistance, occupe la presque totalité de la péninsule.
Le 22 juillet, après les Britanniques, les Turcs et les Australiens, la France annonce qu’elle s’associera à une force multinationale, chargée de faire respecter le droit international et de rétablir l’intégrité territoriale de la Corée du Sud. Il faudra cependant la détermination de quelques hommes politiques français et de deux officiers généraux pour que cet élan de générosité se transforme en réalité. La France en effet se relève à peine des désastres de la Deuxième Guerre mondiale et son armée est déjà engagée en Indochine.
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JPEG Le Chef d’Etat-Major de l’armée de terre, le Général Blanc, qui refuse de dégager des unités d’active encore exsangues et mal équipées, décide de créer de toutes pièces un bataillon de volontaires, formé en partie par des personnels d’active et en partie par des réserves.
Le général de Corps d’Armée Monclar, inspecteur de la Légion Etrangère, appuie cette idée et propose de prendre la tête de cette unité hétéroclite, dont les délais de mise en condition seront réduits au minimum. A cet effet, le vainqueur de Narvick, 17 fois blessé au cours des deux guerres mondiales, accepte de reprendre les galons de lieutenant-colonel.
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JPEG Arrivé à Pusan le 29 novembre 1950, le bataillon, regroupé à Suwon, est placé sous le contrôle opérationnel de la 2ème Division d’Infanterie de l’armée des Etats-Unis (toujours en position en Corée, entre Séoul et la ligne démilitarisée). Après avoir soulevé un certain scepticisme auprès des Américains, les volontaires français, gouailleurs et parfois indisciplinés, ne tardèrent pas, grâce à une succession de coups d’éclat, à conquérir l’estime de l’ensemble des forces des Nations-Unies et en premier lieu, celle du Général Ridgway, commandant la 8ème armée.
Du 7 au 12 janvier 1951, le bataillon français participe à la bataille de Wonju, où par une charge décisive à la baïonnette, il stoppe l’élan des chinois. Cet épisode aura, de par la présence des correspondants de guerre américains, un retentissement mondial.

Il sera suivi des combats des Twins Tunnels (1 - 2 février 1951) et de Chipyong-Ni (3 - 16 février 1951). Ces combats, pendant lesquels le bataillon résista pendant trois jours aux assauts de quatre divisions chinoises, permirent une contre-offensive victorieuse de la 8ème armée.
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JPEG Moins de trois semaines plus tard, le bataillon, qui a déjà gagné deux citations présidentielles américaines, est à nouveau engagé dans les combats pour la cote 1037 (région d’Hongchon, 80 km à l’est de Séoul). La conquête du piton 1037, par un froid de moins trente degrés, ouvre la route du 38ème parallèle. Elle a coûté 40 tués et 200 blessés.
Au printemps 1951, le bataillon franchit le 38ème parallèle dans la région de Hwachon. Le sacrifice de la section du génie permet de stopper une nouvelle offensive chinoise. Ce fait d’armes vaut au bataillon une troisième citation présidentielle américaine
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JPEG A l’automne 1951, les volontaires français participent à la bataille de Crèvecoeur (Heartbreak), où ils s’illustrent encore une fois par une attaque de nuit. Au cours de ces combats, qui dureront un mois, 60 soldats français seront tués, 200 autres seront blessés.
A l’automne 1952, après une guerre de positions meurtrière, qui rappelle les tranchées de Verdun, le bataillon arrête à Chongwon, en Corée du Nord, une offensive chinoise vers Séoul. Cette résistance lui coûtera 47 tués et 144 blessés. Les pertes totales chinoises, en face du bataillon français, sont estimées à 2000 hommes. Le Président des Etats-Unis décerne aux forces françaises une quatrième citation.
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En hiver et au printemps 1953, le bataillon participe aux combats qui interdisent aux forces nord-coréennes et chinoises l’accès vers Séoul.
En juin 1953, à la signature de l’armistice, le bataillon aura perdu 263 tués dont 9 officiers et 26 sous-officiers. 44 d’entre eux sont enterrés au cimetière international de Pusan. 7 volontaires ont été portés disparus. 1008 ont été blessés. Au total, au fil des relèves successives, 3200 français sont venus combattre en Corée.
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Dernière modification : 24/05/2016

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