Forum sur la réduction de carbone : la Corée et la France partagent leur expérience

Forum franco-coréen sur la réduction de carbone (12-13 juin 2012, Grand Intercontinental, Séoul)

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Forum sur la réduction de carbone

Le Forum franco-coréen sur la réduction de carbone s’est tenu les 12 et 13 juin 2012 à l’hôtel Intercontinental, dans le quartier d’affaires de Séoul. L’événement de deux jours s’inscrit en marge de la Foire internationale des technologies et des énergies vertes (ENVEX) qui se tient cette semaine dans la capitale et s’articule autour du thème général du partage de l’expérience respective des deux pays en matière d’écologie.

A l’initiative de l’Ambassade de France, de la Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne (FKCCI) et du Comité présidentiel sur la croissance verte du gouvernement coréen, près de 130 participants, dont de nombreux scientifiques et experts des secteurs public et privé, sont venus débattre des stratégies françaises et coréennes dans le domaine de l’environnement.

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SE Madame Elisabeth Laurin, Ambassadeur de France en Corée

Présente à l’ouverture, SE Madame Elisabeth Laurin, Ambassadeur de France en Corée, a mis en évidence l’importance du partage et de la coopération. « Il n’existe pas de modèle unique en matière (de stratégie) environnementale », a-t-elle déclarée, soulignant de surcroît son « urgence dans le contexte économique actuel » pour dynamiser la croissance. L’Ambassadrice a également annoncé que se tiendra en France une conférence environnementale en juillet rassemblant l’ensemble des partenaires.

La stratégie de la France, qui repose notamment sur la rénovation du parc immobilier et sur la promotion des énergies renouvelables et a permis de poursuivre la baisse des émissions de CO2, déjà entamée depuis le début des années 1990, rencontre aujourd’hui quelques limites.

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Philippe Geiger, directeur général adjoint des affaires internationales du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie

« En ces temps de crise économique, il est difficile de maintenir toutes les incitations fiscales et budgétaires. Nous avons du mal à tenir le rythme », a admis Philippe Geiger, directeur général adjoint des affaires internationales du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Il a par ailleurs indiqué qu’un « programme énergétique comportant des mesures nouvelles » devrait être présenté par le gouvernement du président Hollande dans les prochains mois.

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Ph.D.Soogil Young, président du Comité présidentiel sud-coréen sur la Croissance verte et SE Madame Elisabeth Laurin

Pour sa part, Chae Yeo-ra, chercheuse à l’Institut coréen de l’environnement (KEI), a présenté l’approche pragmatique de la Corée du Sud. « Nous avons adapté une stratégie qui répond à une vision macroéconomique, selon différents scénarios préétablis, de l’adaptation aux changements climatiques », a-t-elle déclaré, relevant aussi l’utilisation systématique de l’analyse coût/bénéfice pour convaincre les différents acteurs coréens de s’engager dans la transition écologique.

Au second jour du forum, près d’une centaine d’experts, de représentants publics et de personnalités du monde des affaires des deux pays ont partagé leurs expériences et débattre des meilleurs moyens de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, lors de tables rondes thématiques, où ont été évaluées les stratégies et les instruments possibles.

La Corée et la France semblent avoir choisi de concentrer leurs efforts sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments qui représentent plus de 30% des émissions de CO2 dans les pays développés. Plus de 880 complexes immobiliers sud-coréens ont par exemple reçu en 2011 une certification attestant leur faible pollution.

Outre la certification, les moyens les plus favorisés sont la rénovation, les incitations fiscales et les investissements dans les bâtiments publics pour dynamiser le marché. « Notre objectif est d’exporter à terme le modèle de la ville verte coréenne », ambitionne même Hwang Suk-tae, directeur de la division des politiques du climat et de la qualité de l’air du ministère de l’Environnement coréen. La Corée souhaite améliorer son efficacité énergétique de 28% en 2020 et de 46% en 2030, un objectif plus élevé que celui de l’Allemagne.

Au cours des échanges, l’un des sujets le plus discuté a été le marché du carbone de la Corée du Sud qui verra le jour à l’horizon 2015. La coordination de celui-ci avec les marchés internationaux similaires déjà existants, en particulier le Système communautaire d’échange de quotas d’émissions européen, soulève toujours quelques difficultés.

« L’un des grands défis de la Corée sera d’obtenir un niveau de liquidités suffisant pour établir un signal prix optimum. Pour accroître ce niveau, le pays aura besoin d’élargir au maximum le périmètre industriel couvert par le marché carbone », a déclaré Philippe Rosier, président du groupe pétrochimique Solay Energy Services.

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Ph.D.Soogil Young et M. Benoît Gauthier, conseiller économique à l’ambassade de France à Séoul

L’adéquation des prix et des produits demeure en effet l’obstacle majeur à l’interconnexion des marchés carbone européen et coréen, « chose éminemment souhaitable » selon Benoît Gauthier, conseiller économique à l’ambassade de France à Séoul.

Malgré ces obstacles, la Corée du Sud affiche toujours des objectifs ambitieux en matière d’environnement : le pays vise à diminuer de 30% ses émissions de carbone prévues en 2020 et espère réduire la part des énergies fossiles utilisée de 83% en 2008 à 68% en 2030.

http://frkr-low-carbon.net/

Dernière modification : 15/06/2012

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