De la technologie de pointe dans le monde du handisport : N° 41, novembre 2012

L’engouement sans précédent pour les Jeux Paralympiques de Londres a attiré l’attention sur les équipements futuristes qui ont permis aux athlètes d’accomplir d’étonnantes performances. Des outils de haute précision ont été conçus conjointement par les sportifs, des chercheurs et des techniciens expérimentés.

Avec des tribunes bien remplies et des taux d’audience télévisée élevés, les Jeux Paralympiques de Londres 2012 ont pris de façon remarquable le relais des Jeux Olympiques. Les performances des champions, qui n’avaient jamais été aussi élevées et spectaculaires, ont été largement médiatisées.

Si le spectacle a été aussi attractif, c’est en partie grâce à l’importante évolution des équipements. Haute technologie et matériaux de pointe ont notamment permis aux prothèses de devenir incroyablement souples et solides. Les lames des coureurs amputés ont fait la une des médias. Surnommé « Blade Runner », le Sud-Africain Oscar Pistorius, symbole international des sportifs handicapés, a battu le record du monde sur 400 m. Il a été devancé sur 200 m par le Brésilien Alan Oliveira, lui aussi muni de prothèses révolutionnaires. Evénement de grande portée : Oscar Pistorius a participé aussi aux Jeux olympiques dans la course du 400 mètres. Une première dans l’histoire olympique.

D’où proviennent ces avancées technologiques qui transforment ces sportifs en super-héros à l’allure futuriste ? Le Finlandais Ôssur et l’Allemand Otto Bock sont les gros fournisseurs de lames d’athlétisme. Cela dit, l’élément déterminant dans une prothèse, c’est la qualité de l’emboîture, l’élément qui permet la parfaite adaptation avec la partie du corps concernée. Dans ce domaine, les athlètes disposent en France d’excellents orthopédistes qui exercent leur métier en partenariat avec les meilleurs laboratoires de recherches spécialisés. Le prothésiste montpelliérain Patrick Ducros a par exemple conçu la prothèse d’Orianne Lopez, finaliste du 100 mètres au dernier Jeux, en collaboration avec la société Re flexion Composites et l’Ecole des Mines d’Alès.

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Marie-Amélie Le Fur

Sponsorisée par Electricité de France, le premier producteur mondial d’électricité, Marie-Amélie Le Fur est devenue une icône de l’athlétisme. Elle est équipée par l’entreprise Proteor, tout comme le pongiste Stéphane Molliens, le surfeur Eric Dargent et le champion de VTT Stéphane Büchler. La société Proteor est mondialement reconnue et dispose notamment de représentations en Chine, au Maroc, au Canada.

D’autres équipements ont bénéficié d’une juste reconnaissance à l’occasion des JeuxParalympiques. Le système Handifix pour les escrimeurs en fauteuils roulants est assurément le plus perfectionné qui soit. Il a réellement changé la pratique de ce sport. C’est le résultat d’une étroite collaboration associant les sportifs, les ingénieurs et les fabricants. En fibre de carbone et aluminium, il est en effet à fois plus rigide et plus léger que les systèmes de fixation utilisés auparavant, ce qui améliore la sécurité et la rapidité. Il est adopté par de très nombreuses équipes du monde entier.

D’autres matériels ne sont pas, ou pas encore, aux Jeux Paralympiques mais ils s’avèrent sont d’ores-et-déjà incontournables dans la pratique du sport de haut niveau. Si le nageur Philippe Croizon est une vedette, c’est aussi grâce à ses prothèses à palmes. Amputé des quatre membres, il vient de relier symboliquement les cinq continents en traversant quatre détroits ! La conception et la mise au point des ses palmes dissymétriques ont bénéficié d’un large partenariat associant de nombreux acteurs du monde sportif et universitaire.

Dans le domaine de la voile, le bateau français Néo 495, du chantier Coques en stock, a déjà été adopté par plusieurs équipages européens et il est en lice pour les prochains Jeux. Les spécificités techniques du Néo495 favorisent la découverte, l’initiation et la compétition de voile aux publics handicapés et valides.

Selon l’institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), le sport handicapé en France, toutes disciplines et catégories confondues, recensait en 2011 plus de 25 000 licenciés. En y ajoutant la pratique du sport adapté, on atteint près de 70000 licenciés. Les enjeux économiques et financiers de l’équipement de ces sportifs sont considérables. En effet, un fauteuil personnalisé, tel qu’un fauteuil-ski, coûte entre 1800 et 3000 euros et le coût d’une prothèse, spécialement adaptée à un sportif, se situe entre 3 800 et 4600 euros.

Les performances remarquables des sportifs sont certes liées à l’apparition de ces équipements futuristes, mais la dimension humaine demeure déterminante. C’est bien le courage et à la volonté de ces femmes et de ces hommes qui leur permettent de se surpasser et de réaliser des exploits. Dans le monde du handisport, les performances des athlètes, comme le dit Philippe Croizon, « montrent que rien n’est irréalisable et que les champions paralympiques méritent d’être reconnus comme les dieux du stade des Jeux Olympiques ».

Sylvie Thomas

Site Internet :

www.handisport.org

Dernière modification : 03/12/2012

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